jeudi 13 mars 2008

ANVIL

ANVIL « Hard’N’Heavy » 1981

Ce disque n’est ni fondateur, ni séminal. Pas plus que le groupe Anvil d’ailleurs, qui ne marqua les mémoires que chez quelques amateurs de heavy-metal burné aux débuts des années 80. Il est pourtant des disques ni capitaux, ni fondamentaux qui font pourtant du bien aux oreilles, par une simple envie d’en découdre.
Anvil est un groupe canadien fondé à la fin des années 70 par Steve Kudlow, surnommé Lips pour sa passion prononcée pour la gente féminine à la libido en fleur. Le combo s’appelle d’ailleurs un temps Lips, et il enregistrera ce premier disque sous ce nom. Il sera par la suite signé par le label Attic, et deviendra Anvil, histoire d’appuyer sur le côté métaaaaaall.
Si la suite de la carrière de Anvil sera basée sur un power-metal très tendance aux débuts des 80’s, ce premier album est plus à aller chercher du côté du hard-rock high energy, genre un brin punk. Stupide, macho, hors-jeu la plupart du temps, ce disque est un festival de riffs crétins mais ultra-efficaces, et de roulements de toms fracassants de précision, ceux du sous-estimé Robb Reiner.
Dave Allison et Lips se partagent les guitares, et ça tape dans la viande direct. Pas très fins, donc, mais efficaces, leurs jeux complémentaires attisant la braise. Lips n’est pas non plus un leader charismatique, plutôt grand-guignolesque. Avec son slip clouté, son harnachement bondage et son solo de guitare au vibromasseur, on frôle même le mauvais goût total.
Pourtant il y a ici la quintessence du hard-rock d’adolescent : rapide, méchant, et sexiste. Car si le métal anglais plonge dans la mythologie luciférienne, Lips reste en-dessous de la ceinture. Vicieux, salace, sans concession aucune pour un quelconque romantisme, les textes font dans le porno plus ou moins soft.
Alors une fois ce noir tableau dessiné, vous me direz : « est-ce vraiment un bon disque ? » A cela je réponds oui, car avec sa production brute, ses riffs serrés, sa rythmique en béton armé, et tout le côté roublard de la chose, ce disque est une machine de rock’n’roll simplement jouissive, qui fait taper du pied et écraser l’accélérateur. Parce que dans le monde du rock, on ne peut pas toujours véhiculer une image réfléchie et intelligente. On peut aussi s’amuser. Car finalement, le rock’n’roll n’est-il pas avant tout un divertissement pour kids ? N’est-il pas que le défouloir des frustrations adolescentes, et dont la première n’est autre que le sexe ?
Cet album, c’est un disque d’homme, un peu con, un peu bourré, qui a envie de se défouler un bon coup, avant de reprendre les choses en main (si j’ose dire). Bien sûr, l’homme moderne, le métro sexuel comme on dit, ne comprendra pas tout dans ce heavy-metal grossier d’amateurs de bières.
Mais il y a des disques purgatoires, qu’on écoute en cachette, un peu honteux, mais qui font du bien à la part sombre de l’âme. En voici un, typique et finalement brillant.
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1 commentaire:

Anonyme a dit…

JE SUIS HYPER CONTENT CA Y EST J'AI MA PLACE POUR ALLER VOIR ROBIN TROWER A PARIS ET EN PLUS MA PLACE POUR ZZ TOP AU ZENITH PEUT ETRE QU' ON SE VERRA A UN DES DEUX CONCERTS A+ rebeltrain